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Règles de jeu de cartes

Les règles du Rummoli, simplement

Une main de poker pour remporter le pot, puis une course pour vider ta main – et un plateau plein de jetons qui attendent la bonne carte.

Le Rummoli n’est pas du rami. Il en emprunte le nom et l’idée de poser des cartes qui se suivent, mais c’est un tout autre jeu : un classique familial canadien, vendu pour la première fois en 1940 par la maison Copp Clark de Toronto, qui marie une main de poker à une course pour se débarrasser de ses cartes. Des jetons attendent sur un plateau, et certaines cartes les rapportent.

Chaque main se joue en quatre temps : tout le monde mise, on distribue, on joue une main de poker pour un premier pot – puis vient la partie qui donne son nom au jeu, la séquence. Les cartes payantes y ramassent leurs jetons, et le premier qui vide sa main remporte le gros pot du milieu. Plus bas, tu peux toucher chaque case du plateau, regarder une main entière se jouer carte par carte, et imprimer les règles sur une seule page.

Ce qu’il te faut

  • De 2 à 8 joueurs. C’est à quatre, cinq, six ou sept que c’est le plus amusant.
  • Un jeu de 52 cartes, sans joker. L’as est la carte la plus forte.
  • Des jetons – des jetons de poker, des boutons ou de la monnaie. Bien des familles jouent avec des cents ou des dix sous; 30 à 50 jetons par personne suffisent pour une soirée.
  • Un plateau de Rummoli. C’est un octogone à neuf cases : huit sur le pourtour et le pot Rummoli au centre. On en trouve avec le jeu, mais une feuille avec neuf cercles fait tout aussi bien l’affaire.

Touche une case pour voir comment on la gagne :

Rummoli Le centre. Le premier joueur qui se débarrasse de toutes ses cartes le ramasse — plus un jeton pour chaque carte qui reste aux autres.

L’emplacement des cases n’a aucune importance; ce sont les cartes qu’elles représentent qui comptent. Cinq cases correspondent à une seule carte (10♠, V♦, D♣, R♥, A♠), deux à une combinaison (le R-A de carreau et le 7-8-9 d’une même couleur), une à la meilleure main de poker, et le centre revient à celui qui se débarrasse le premier de ses cartes.

Une main en quatre temps

  1. La mise

    Un jeton de chacun sur chacune des neuf cases.

  2. La donne

    Toutes les cartes, plus une main en trop : la veuve.

  3. Le poker

    La meilleure main de cinq cartes ramasse le pot de poker.

  4. La séquence

    La plus petite carte d’abord, puis les suivantes de la même couleur; à l’arrêt, on passe du rouge au noir ou inversement.

Une main de Rummoli. La donne passe à gauche après chaque main.

La mise et la donne

Avant chaque donne, chaque joueur met un jeton sur chacune des neuf cases. Le donneur distribue ensuite tout le paquet, une carte à la fois, à chaque joueur et à une main de plus : la veuve. Certains se retrouvent avec une carte de plus que les autres; ça fait partie du jeu.

La veuve est une main morte. Le donneur peut l’échanger contre sa propre main sans la regarder, ou garder sa main et mettre la veuve aux enchères : le plus offrant paie le donneur et échange sa main contre elle. Dans les deux cas, celui qui prend la veuve doit la garder, même si elle est moins bonne. Beaucoup de familles ajoutent une règle : personne qui a une carte payante en main ne peut prendre la veuve – ni le donneur en l’échangeant, ni un acheteur aux enchères. Mettez-vous d’accord avant de commencer.

Combien de cartes chacun reçoit-il? Le paquet se partage entre les joueurs et la veuve :

JoueursCartes chacun
217–18
313
410–11
58–9
67–8
76–7
85–6

La main de poker

Chacun choisit cinq cartes pour former sa meilleure main de poker et met les autres de côté, face cachée. On suit la hiérarchie habituelle du poker, de la plus forte à la plus faible : quinte flush, carré, full, couleur, quinte, brelan, double paire, paire, carte haute.

Il y a deux façons de la jouer, et la table choisit avant la partie :

  1. À l’abattage. Tout le monde montre ses cinq cartes, et la meilleure main ramasse le pot de poker.
  2. Avec des mises. On mise, on relance et on se couche comme au poker ordinaire, et toutes les mises vont dans le pot de poker. Le dernier joueur encore en jeu – ou la meilleure main à l’abattage – le ramasse. Si tu t’es couché, tu ne peux plus le gagner, même avec une meilleure main.

Ensuite, chacun reprend toutes ses cartes. C’est le gagnant du poker qui ouvre la suite.

La séquence : comment ça marche au Rummoli

C’est le cœur du jeu, et la partie sur laquelle on pose le plus de questions. Imagine une suite de cartes de valeur croissante dans une même couleur : pique, cœur, carreau ou trèfle.

1. Le gagnant du poker pose la plus petite carte de sa main, face visible, en l’annonçant. L’as étant la carte la plus forte, la plus petite est souvent un 2, un 3 ou un 4. Si deux cartes sont aussi petites l’une que l’autre, il choisit celle qu’il pose.

2. Celui qui a la carte suivante de la même couleur la pose. Après le 4♥ vient le 5♥, peu importe qui l’a. Si tu as plusieurs cartes qui se suivent, tu les poses toutes.

Une séquence à cœur, posée par ceux qui avaient chaque carte. Personne n’a le 10♥ – il est dans la veuve –, alors la séquence s’arrête au 9♥.

3. La séquence s’arrête quand on pose un as, ou quand personne ne peut poser la carte suivante – parce qu’elle est dans la veuve, ou parce qu’elle a déjà été jouée plus tôt dans la main.

4. À l’arrêt, on passe du rouge au noir, ou du noir au rouge. Celui qui a posé la dernière carte pose alors sa plus petite carte rouge (♥ ♦) après une séquence noire, ou sa plus petite carte noire (♠ ♣) après une séquence rouge. Une nouvelle séquence repart de là. S’il n’a aucune carte de ce genre, la main passe au joueur de gauche, et ainsi de suite.

Après la séquence rouge, celle qui a posé le 9♥ passe au noir avec sa plus petite carte noire, le 6♠. Le joueur suivant a le 7♠, le 8♠ et le 9♠, les pose d’un coup – et ramasse la case 7-8-9.

5. Dès que tu poses une carte payante, tu ramasses les jetons de la case correspondante. Pose le 10♠, le V♦, la D♣, le R♥ ou l’A♠ pendant la séquence, et ces jetons sont à toi. Les deux combinaisons sont plus délicates. Les règles d’origine disent seulement que celui qui joue la combinaison ramasse la case; bien des familles comprennent qu’un seul joueur doit poser toute la combinaison à la suite – le 7, le 8 et le 9 d’une même couleur, ou le roi puis l’as de carreau –, et c’est ainsi que joue la démo plus bas. D’autres tables paient la case à celui qui pose la dernière carte. Joué de façon stricte, les jetons s’accumulent souvent sur ces deux cases pendant plusieurs mains.

6. Le premier qui pose sa dernière carte gagne la main. Il ramasse le pot Rummoli au centre, et chaque autre joueur lui paie un jeton par carte qui lui reste en main.

Il arrive que la séquence se bloque : après un arrêt, plus personne à la table ne peut passer du rouge au noir, ou du noir au rouge. C’est un blocage. La main s’arrête, et chacun met un jeton par carte en main dans le pot Rummoli, qui attend la main suivante.

Regarde une main entière se jouer

Voici une vraie main à quatre joueurs, distribuée et jouée en suivant exactement les règles ci-dessus. Toutes les mains sont visibles, et la veuve est retournée mais hors jeu, pour que tu voies pourquoi chaque séquence s’arrête. Avance avec ◀ ▶ (ou les flèches du clavier), saute à la fin, puis distribue la main suivante : les cases non gagnées restent sur le plateau, comme à une vraie table.

Une main jouée pour de vrai · main 1

Poker 4jetons
10♠ 4jetons
V♦ 4jetons
D♣ 4jetons
R♥ 4jetons
A♠ 4jetons
R♦ A♦ 4jetons
7 8 9 4jetons
Rummoli 4jetons

La séquence en cours

Rien encore.

La veuve — hors jeu · 10

  • Toi 41 jetons
  • Anna 41 jetons
  • Ben 41 jetons
  • MiaD 41 jetons

Chacun met 1 jeton sur chacune des neuf cases. On distribue les cartes, plus une main en trop : la veuve.

Toutes les étapes (54)

Dans cette démo, le donneur garde sa main, le poker se joue à l’abattage et les deux combinaisons ne paient qu’à un seul joueur qui les pose à la suite, pour que tu puisses suivre la séquence. À une vraie table, c’est vous qui choisissez ces règles.

Les neuf cases en un coup d’œil

CaseComment la gagner
PokerMeilleure main de poker (abattage), ou dernier joueur encore en jeu
10♠, V♦, D♣, R♥, A♠Poser cette carte pendant la séquence
R♦ A♦Poser le roi et l’as de carreau (au sens strict : un seul joueur, à la suite)
7 8 9Poser le 7, le 8 et le 9 d’une même couleur (au sens strict : un seul joueur, à la suite)
Rummoli (centre)Être le premier à ne plus avoir de cartes – plus un jeton par carte qui reste aux autres

Les cases non gagnées restent sur le plateau. Une carte payante qui dort dans la veuve, ou qu’on n’a pas eu le temps de poser avant la fin de la main, ne rapporte rien – les jetons attendent, et la mise suivante fait grossir la pile.

Fin de la partie

Le Rummoli n’a pas de fin fixe. Arrêtez-vous à l’heure convenue, ou quand tous les joueurs sauf un n’ont plus de jetons. Ce qui reste sur le plateau se partage à la fin – le plus souvent avec une dernière main de poker pour tout le reste (chacun reçoit cinq cartes, la meilleure main gagne), ou en coupant le paquet : la plus haute carte ramasse tout. Certaines familles jouent plutôt une main de plus pour chaque case qui contient encore des jetons. Celui qui a le plus de jetons gagne.

Aide-mémoire du Rummoli à imprimer

Tout ce qui précède sur une page A4 : le plateau, les quatre temps, la séquence en quatre règles, les cartes payantes et la fin de la main. Télécharge le PDF et imprime-le en taille réelle; sur du papier lettre, choisis « ajuster à la page ».

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Rummoli — aide-mémoire

2 à 8 joueurs · un jeu de 52 cartes, sans joker · l’as est la carte la plus forte · des jetons et un plateau de Rummoli

  1. La mise Chacun met un jeton sur chacune des neuf cases.
  2. La donne Une carte à la fois à chacun, plus une main en trop : la veuve. Le donneur peut l’échanger contre sa main sans la regarder, ou la mettre aux enchères.
  3. Le poker Chacun choisit ses cinq meilleures cartes. La meilleure main ramasse le pot de poker — à l’abattage, ou avec des mises.
  4. La séquence Toutes les cartes reviennent en main. Le gagnant du poker pose sa plus petite carte; la séquence monte à partir de là.

La séquence en quatre règles

  • Celui qui a la carte suivante de la même couleur la pose. Tu en as plusieurs à la suite? Pose-les toutes.
  • Stop : après un as, ou quand personne n’a la carte suivante (elle est dans la veuve, ou déjà jouée).
  • Le dernier joueur pose alors sa plus petite carte rouge après une séquence noire, ou noire après une rouge. Il n’en a pas? La main passe à gauche.
  • Personne ne peut passer du rouge au noir ou du noir au rouge : blocage. Chacun paie un jeton par carte en main dans le pot Rummoli.

Les cartes payantes

Pose le 10♠, le V♦, la D♣, le R♥ ou l’A♠ pendant la séquence et tu ramasses la case.

Le 7-8-9 d’une couleur et le R-A de carreau : en jouant strictement, UN même joueur doit poser toute la combinaison à la suite (certaines tables paient la dernière carte).

Fin de la main

Le premier qui n’a plus de cartes ramasse le pot Rummoli, plus un jeton des autres pour chaque carte qui leur reste.

Les cases non gagnées restent sur le plateau pour la main suivante. La donne passe à gauche.

Règles maison à fixer avant de jouer

Poker à l’abattage ou avec des mises? Celui qui a une carte payante peut-il acheter la veuve? Quand la partie s’arrête-t-elle — et comment partager les jetons restés sur le plateau (une dernière main de poker, ou la carte la plus haute)?

Regarde une main entière se jouer : spielio.app/fr/regles-du-rummoli spielio.app

Le Rummoli et ses cousins

Le Rummoli appartient à une vieille famille de jeux « à arrêts », où l’on joue les cartes dans l’ordre jusqu’à ce qu’une carte manquante arrête la suite. Son plus proche cousin est le Tripoley américain (vendu aussi sous le nom de Michigan Rummy), apparu à Chicago en 1932, qui utilise un plateau de la même façon. Tous deux descendent du Poch, un jeu joué en Europe depuis le XVe siècle au moins – on vend encore des plateaux de Poch en Allemagne. Le Michigan, qu’on appelle aussi Boodle ou Newmarket, c’est la même séquence de cartes, sans le poker. Aucun d’eux n’a de lien avec la famille du rami, où l’on pioche et où l’on forme des combinaisons.

Les questions qu’on se pose

Le Rummoli, c’est la même chose que le rami?

Non. Au rami, on pioche des cartes et on pose des combinaisons. Au Rummoli, personne ne pioche : après une main de poker, tu joues les cartes qu’on t’a distribuées et tu cours pour vider ta main.

C’est quoi, la veuve au Rummoli?

La main en trop, distribuée comme s’il y avait un joueur de plus. Ses cartes sont hors jeu, sauf si le donneur l’échange ou la met aux enchères. Une carte qui est dans la veuve ne peut jamais être posée – c’est ce qui arrête bien des séquences.

Qu’est-ce qui arrive si personne ne peut jouer?

Si personne n’a la carte suivante, la séquence s’arrête, et le dernier joueur doit repartir avec une carte noire après une rouge, ou une rouge après une noire. La main ne se bloque que si personne ne possède de carte permettant cette alternance : chacun verse alors un jeton par carte en main dans le pot Rummoli.

Peut-on jouer au Rummoli sans plateau?

Oui. Dessine un cercle au milieu d’une feuille et huit autour, et inscris-y les cases comme sur le plateau ci-dessus. Notre aide-mémoire en a un petit, déjà imprimé.

Tu aimes les jeux de cartes où il faut lire la table?

Le Rummoli demande des jetons et du monde. Royal Robber Rummy est un autre jeu – un rami où tu peux voler des cartes sur la table – et il est gratuit dans ton navigateur, seul ou en ligne (en anglais et en allemand).

Jouer gratuitement ▸
Sources
  1. Copp Clark Ltd. (1940) : Rummoli – règles officielles, transcrites par Rummoli Tray (2012), en anglais
  2. Wikipédia (anglais) : Rummoli
  3. John McLeod, pagat.com : Tripoli (Three in One, Tripoley, Rummoli), en anglais
  4. John McLeod, pagat.com : Michigan, en anglais
  5. John McLeod, pagat.com : Card Games – Stops Group, en anglais

Mis à jour : 2026-10-26